Réflexions

July 14, 2026 · The Still With Me Team

Quoi écrire dans un livre de souvenirs, selon la personne que vous avez perdue


Dans un livre de souvenirs, vous écrivez ce que vous diriez à la personne que vous avez perdue : un souvenir, une question restée sans réponse, un moment ordinaire de votre journée. Il n’y a ni ordre à suivre, ni longueur imposée. Une seule phrase sincère suffit pour une page.

Vous trouverez ci-dessous des pistes d’écriture douces, classées selon la personne qui vous manque : un parent, un conjoint, un frère ou une sœur, un grand-parent, un enfant, un ami. Commencez par celles qui vous semblent les plus proches. Le reste peut attendre.

Quoi écrire dans un livre de souvenirs ?

Tout ce que vous continuez à lui dire dans votre tête peut se poser ici. Une journée que vous avez passée ensemble. Quelque chose que vous avez vu ce matin et que vous vouliez lui raconter aussitôt. Une phrase qui ne vous quitte pas depuis les obsèques. Aucune règle de grammaire, de longueur ou de sujet ne s’impose : le carnet accueille ce que vous y déposez ce jour-là. Certains parlent de journal de deuil, d’autres de livre de souvenirs ; le nom compte moins que ce qui s’y écrit.

Beaucoup commencent par une seule phrase : « Aujourd’hui, tu m’as manqué quand… » Certains jours, c’est tout ce que vous écrirez, et cela suffit. La page ne vous demande pas d’expliquer votre chagrin, ni de le résoudre. Elle vous demande seulement d’être sincère.

Comment commencer quand on ne sait pas quoi écrire ?

Commencez petit, et commencez par une piste d’écriture plutôt que par une page blanche. Une question courte et précise est bien plus facile à aborder que « comment je me sens », qui peut sembler immensément vaste. Essayez de terminer l’une de ces phrases :

  • Ce que je voudrais le plus te dire aujourd’hui…
  • Un souvenir qui m’est revenu cette semaine…
  • Quelque chose que je ne t’ai jamais dit…
  • J’ai vu quelque chose aujourd’hui qui m’a fait penser à toi :

Écrivez pendant deux minutes, pas deux heures. Vous pourrez toujours revenir demain. Le chagrin va par vagues, et l’écriture peut suivre le même mouvement : certains jours, les mots se déversent ; d’autres, ce sont trois mots à peine. Les deux comptent autant.

Quelles pistes d’écriture choisir selon la personne que vous avez perdue ?

Les pistes qui touchent le plus juste sont en général celles qui parlent de cette personne-là et d’aucune autre. Une piste pensée pour un conjoint interroge une vie partagée ; une piste pensée pour un parent interroge celui ou celle qui vous a élevé. Ci-dessous, elles sont classées par lien, pour que vous alliez directement à ce qui correspond à votre perte.

Pistes d’écriture pour la perte d’un parent

La perte d’une mère ou d’un père fait souvent remonter à la fois le chagrin et l’héritage : les traits de caractère, les expressions, les leçons que vous portez désormais.

  • Une leçon que tu m’as apprise et que je continue de suivre, c’est…
  • J’entends ta voix le plus clairement quand…
  • Un objet qui t’appartenait et que j’ai gardé, et pourquoi…
  • Une de tes habitudes que je veux garder…
  • Ce que je comprends de toi aujourd’hui, et que je ne comprenais pas avant…

Pistes d’écriture pour la perte d’un conjoint ou d’une conjointe

Perdre un mari, une épouse ou un partenaire, c’est perdre une vie quotidienne partagée : les petites habitudes autant que les grandes étapes.

  • Le moment ordinaire avec toi que je donnerais tout pour revivre…
  • Un projet que nous avions ensemble et que je n’ai pas cessé d’imaginer…
  • Une plaisanterie que nous étions les seuls à comprendre…
  • La façon dont tu as changé mon regard sur le monde…
  • Ce que je veux emporter avec moi de notre vie ensemble…

Pistes d’écriture pour la perte d’un frère ou d’une sœur

Un frère ou une sœur est souvent la personne qui vous a connu le plus longtemps : votre enfance, personne d’autre ne l’a vécue avec vous.

  • Un souvenir de notre enfance qui me fait encore sourire…
  • Une chose sur notre famille que personne d’autre que toi n’aurait comprise…
  • La façon dont tu veillais sur moi…
  • Une de tes qualités que j’espère avoir gardée en moi…

Pistes d’écriture pour la perte d’un grand-parent

Les grands-parents gardent souvent les histoires qui relient les générations. Écrire sur une grand-mère ou un grand-père peut être une façon de faire vivre ces histoires encore un peu.

  • Une histoire que tu m’as racontée et que je veux transmettre…
  • Ce que l’on ressentait chez toi, et ce qu’il m’en reste…
  • Quelque chose que tu m’as appris sans jamais le dire…
  • Une de tes traditions que je veux transmettre à la génération suivante…

Pistes d’écriture pour se souvenir d’un enfant

Aucun mot n’est à la hauteur de la perte d’un enfant, et aucune piste d’écriture ne vous demande de les trouver. Ces quelques lignes sont seulement des invitations douces, à utiliser si et quand elles vous aident, et à laisser de côté librement si ce n’est pas le cas :

  • Un moment que je veux garder pour toujours…
  • Le son de ton rire, tel que je m’en souviens…
  • Ce que tout le monde devrait savoir de toi…
  • Un endroit qui restera toujours le tien…

Ces mots méritent un endroit où rester.

Pistes d’écriture pour la perte d’un ami ou d’une personne chère

Le deuil d’un ami proche, ou de toute personne que vous avez profondément aimée, est réel, et il est souvent porté en silence.

  • La première fois où j’ai su que tu étais un véritable ami…
  • Une phrase que tu disais toujours…
  • Ce que ta présence a ouvert dans ma vie…
  • Ce que je te dirais si je pouvais t’appeler maintenant…

À quelle fréquence écrire dans un livre de souvenirs ?

Écrivez aussi souvent, ou aussi rarement, que cela vous convient. Le chagrin ne suit aucun horaire imposé. Certaines personnes écrivent chaque jour les premières semaines, puis de moins en moins ; d’autres n’ouvrent le carnet que les jours difficiles, aux anniversaires, ou aux dates marquantes. Ce n’est pas une habitude à tenir. Le carnet reste là, et il attend que vous l’ouvriez.

Est-ce que l’écriture aide quand on est en deuil ?

Beaucoup constatent que ce qui est écrit reste, même les jours où le souvenir paraît plus flou qu’ils ne le voudraient. Écrire peut être une façon de continuer à parler à quelqu’un que vous aimez, et de remarquer, avec le temps, ce que vous portez. C’est une pratique personnelle, non un traitement : si votre chagrin vous semble insupportable, tournez-vous aussi vers un médecin, un psychologue, ou un professionnel du soutien au deuil. Et si jamais vous vous sentez en danger, ou que vous ne souhaitez plus être là, une ligne d’écoute existe : en France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24 heures sur 24.

Qu’est-ce qui différencie un livre de souvenirs guidé d’un carnet vierge ?

Un carnet vierge attend que vous sachiez quoi dire. Un livre guidé commence la phrase à votre place, et vous la terminez. Dans Still With Me, ce sont quatre-vingts pistes d’écriture réparties en neuf chapitres, qui vont sans hâte des premiers souvenirs jusqu’au lien qui demeure. Il existe des éditions différentes selon le lien — pour une mère, un père, un conjoint —, pour que les pistes parlent de votre personne et non du deuil en général. Si vous voulez d’abord voir comment les pages sont construites, vous pouvez feuilleter le livre de souvenirs page à page.

Questions fréquentes

Est-ce étrange d’écrire en s’adressant directement à la personne ? Non. Beaucoup écrivent en la tutoyant, parce que c’est ainsi qu’ils lui ont toujours parlé. Vous pouvez aussi écrire sur elle plutôt qu’à elle, ou passer de l’un à l’autre d’une page à la suivante. Aucune forme n’est plus juste qu’une autre.

Et si écrire rendait les choses plus difficiles ? Alors vous pouvez arrêter. Refermez le carnet, posez-le, et réessayez dans une semaine — ou pas du tout. Rien ne vous oblige à écrire quoi que ce soit.

Peut-on commencer si la perte remonte à des années ? Oui. Certaines personnes commencent dix ou vingt ans après, et découvrent que les souvenirs sont toujours là. Il n’existe aucun moment où il devient trop tard pour écrire quelque chose.

Que faire d’un livre de souvenirs une fois qu’il est rempli ? Beaucoup le gardent, simplement — dans un tiroir, sur une étagère, à portée de main. Vous pourrez y revenir plus tard, ou en lire des passages à quelqu’un qui a connu cette personne. Certains en commencent un deuxième, d’autres le laissent tel quel. Rien ne vous oblige à en faire quoi que ce soit.

Faut-il écrire à la main ? Non. Beaucoup le font parce que la main va moins vite que le clavier, et que cette lenteur les fait rester un peu plus longtemps sur la phrase. Quelques lignes tapées sur un téléphone comptent tout autant.



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Écrit tout en douceur, pour celles et ceux qui portent quelqu’un avec eux.