Réflexions

July 9, 2026 · Still With Me

Quoi écrire dans un livre de souvenirs quand les mots manquent


Si les mots vous manquent, écrivez petit : une seule phrase vraie sur cette journée, une lettre adressée à la personne plutôt qu’à son sujet, ou la réponse à une toute petite question. Un livre de souvenirs ne demande pas un beau début — seulement un début, quel qu’il soit.

Après une perte, il existe un silence particulier. On vous demande comment vous allez, et la réponse honnête ne tient dans aucun mot. Un livre de souvenirs peut accueillir ce que la conversation ne peut pas — mais quand vous l’ouvrez, la page blanche semble immense.

Si vous tournez autour d’un carnet depuis des semaines sans écrire une ligne, il n’y a rien d’anormal à ça. Commencer est la partie la plus difficile, parce qu’on a l’impression que la première phrase doit avoir un sens. Elle n’en a pas besoin. Voici trois façons de vous lancer qui ne vous demandent presque rien.

1. Commencez par une phrase vraie

Pas un résumé de votre deuil. Pas « comment c’est arrivé ». Juste une chose qui est vraie, là, maintenant : « La maison est trop silencieuse le dimanche matin. » « Je prends encore mon téléphone pour l’appeler. » « Il aurait détesté ce temps. »

Une phrase suffit pour une journée. Écrire après une perte n’est pas une dissertation avec une échéance ; c’est une porte que l’on laisse entrouverte. Souvent, une phrase vraie en appelle tranquillement une seconde. Si ce n’est pas le cas, refermez le livre. Cela compte quand même.

2. Écrivez-lui, pas à son sujet

Écrire au sujet de quelqu’un que vous avez perdu peut ressembler à une notice nécrologique — formelle, définitive, lointaine. Écrire à cette personne, c’est autre chose : « Tu ne devineras jamais ce que ta petite-fille a dit aujourd’hui. »

Les lettres gardent la relation au présent, là où l’amour vit réellement. Rien de ce que vous écrivez n’a besoin d’être achevé, juste ou même bienveillant. Une lettre peut commencer dans la colère et finir quelque part de plus doux. La page peut tout recevoir.

3. Laissez une question faire le travail

C’est exactement à ça que servent les questions toutes prêtes : les jours où les mots vous manquent, une petite question vous en prête quelques-uns. Comment était son rire ? Quelle odeur vous la ramène ? Que savez-vous aujourd’hui que vous aimeriez pouvoir lui dire ?

Une bonne question est volontairement modeste. Elle ne vous demande pas de donner un sens à la perte — seulement de vous souvenir d’une chose vraie. Souvenir après souvenir, cela devient le récit d’une vie, écrit par la personne qui la connaissait le mieux.

Il n’y a pas d’horaire

Écrivez les jours difficiles, ou sautez-les. Remplissez trois pages ou trois mots. Ce livre est l’un des rares endroits, dans le deuil, où rien n’est exigé de vous — quel que soit le moment où vous arrivez, la page vous attend, sans rien réclamer.

Dans notre livre de souvenirs et ses quatre-vingts questions, une question vous attend toujours quelque part, pour que la page blanche ne soit jamais votre point de départ.

Questions fréquentes

Quand peut-on commencer à écrire après un décès ?

Quand vous le voulez. Certains écrivent quelques lignes dès la première semaine, d’autres seulement des années plus tard, quand un souvenir remonte sans prévenir. Il n’est jamais trop tôt, ni trop tard.

Et si je me mets à pleurer en écrivant ?

Vous pouvez vous arrêter, même au milieu d’une phrase. Les larmes ne veulent pas dire que c’est trop tôt ; souvent, c’est le chagrin qui trouve enfin un endroit où aller. Refermez le livre et revenez quand vous le pourrez.

Est-ce que quelqu’un d’autre peut lire ce que j’écris ?

C’est vous qui décidez, et rien ne presse. Certains relisent une page à voix haute en famille, d’autres gardent tout pour eux. Écrivez d’abord comme si personne ne devait lire : les phrases en sortent plus justes.

Faut-il un livre particulier pour commencer ?

Non. Un simple cahier accueille les mêmes phrases. Ce qui aide, c’est d’avoir un seul endroit où tout reste ensemble, pour ne pas avoir à chercher plus tard.

Écrit tout en douceur, pour celles et ceux qui portent quelqu’un avec eux.