Réflexions

July 8, 2026 · Still With Me

Est-ce que l’écriture aide vraiment quand on est en deuil ?


Cream and navy typographic prompt card reading “What are you carrying forward from them?”

La réponse courte : un peu, oui

Écrire aide quand on est en deuil, un peu. Une méta-analyse de 2025 portant sur 13 essais randomisés a mesuré un effet positif, modeste mais réel, de l’écriture sur les symptômes de deuil et de dépression chez les personnes endeuillées. Ni remède, ni substitut à un accompagnement professionnel, mais un vrai appui pour beaucoup.

Le deuil ne suit aucun calendrier, et écrire ne l’accélérera pas. Ce que l’écriture offre est autre chose : quelques minutes à vous, sans pression, où ressentir ce que vous ressentez et vous souvenir de la personne que vous avez perdue.

Que dit la recherche sur l’écriture et le deuil ?

La preuve la plus solide vient d’une revue systématique et méta-analyse de 2025 publiée dans Research on Social Work Practice, qui rassemble 13 essais randomisés contrôlés sur l’écriture expressive après un décès. L’effet mesuré est faible, sur les symptômes de deuil comme sur la dépression. Il ne devient modéré que dans deux cas : quand l’écriture se répartit sur plusieurs séances, et quand un professionnel commente ce qui a été écrit (Yao et al., 2025).

Ces résultats prolongent des décennies de travaux du psychologue James Pennebaker. Dans ses études fondatrices sur l’écriture expressive, où il s’agissait de mettre des mots sur une expérience difficile, peu de temps, plusieurs jours de suite, l’écriture allait de pair avec un mieux-être psychologique et physique, face à des épreuves très diverses et pas seulement au deuil.

En clair : l’effet est réel, mais modeste. Écrire est un appui parmi d’autres, documenté par la recherche. Pas une solution.

(Précision : ce texte s’appuie sur la recherche, ce n’est pas un avis médical. L’écriture peut soutenir le bien-être ; elle ne traite ni ne guérit le deuil, la dépression ou tout autre trouble. Pour une vision complète, consultez les études elles-mêmes, pas seulement ce résumé.)

Livre guidé ou pages blanches : qu’est-ce qui aide le plus ?

Les deux peuvent aider, mais les chercheurs font une distinction importante. Une écriture qui va vers la construction de sens, comprendre la perte, repérer ce qui demeure, remettre son histoire bout à bout, aide généralement plus qu’une écriture qui tourne en boucle sur les mêmes pensées douloureuses. Les travaux très cités du psychologue Robert Neimeyer sur la reconstruction du sens après un décès suggèrent que les personnes capables de bâtir un récit cohérent autour de leur perte s’en sortent en moyenne mieux.

C’est sans doute pour cette raison que des questions guidées aident : elles orientent le texte vers cette construction de sens plutôt que vers la rumination. Une question douce fait souvent plus de bien qu’une page blanche, et il est bien plus facile de s’y mettre.

À quelle fréquence écrire quand on est en deuil ?

Il n’y a pas de rythme imposé. Les études citées plus haut portaient souvent sur de courtes séances répétées, quelques minutes réparties sur plusieurs jours, plutôt que sur de longues entrées quotidiennes. La régularité et la sincérité comptent plus que la fréquence. Beaucoup n’écrivent que lorsqu’un souvenir ou une émotion se présente. Sauter des jours ne pose aucun problème. Des semaines non plus.

Par où commencer, en douceur

Si vous avez envie d’écrire sans savoir par quel bout commencer, les livres de souvenirs Still With Me posent les questions à votre place : quatre-vingts questions douces, réparties en neuf chapitres, avec de la place pour garder ce dont vous voulez vous souvenir. Il existe une édition pour un être cher et une édition pour un père ou une mère. Et si le deuil pèse trop lourd, ou s’il ne laisse aucun répit : un livre reste une présence à vos côtés, il ne remplace ni un médecin ni un accompagnement spécialisé.

Questions fréquentes

Écrire sur une personne disparue rend-il le deuil plus difficile ? Cela peut faire remonter des émotions à la surface, ce qui est normal. Pour la plupart des gens, ce moment passe et l’écriture les aide. Si cela reste envahissant de façon persistante, il est utile d’en parler à un professionnel.

Un livre de souvenirs remplace-t-il une thérapie ? Non. L’écriture peut soutenir le bien-être et venir en complément d’un accompagnement, mais elle ne remplace pas une aide professionnelle lorsque le deuil est sévère ou prolongé.

Quelle est la façon la plus simple de commencer à écrire après un décès ? Partez d’une question plutôt que d’une page blanche, écrivez seulement quelques minutes, et ne vous souciez pas du style. La sincérité compte plus que la forme.

Quelles recherches appuient l’écriture après un deuil ? Une méta-analyse de 2025 portant sur 13 essais randomisés contrôlés (Yao et al., Research on Social Work Practice) a mesuré un effet faible sur les symptômes de deuil et de dépression. Il n’atteint un niveau modéré que lorsque l’écriture se répartit sur plusieurs séances ou qu’un professionnel commente les textes. Ces résultats prolongent les travaux de James Pennebaker sur l’écriture expressive.

Écrit tout en douceur, pour celles et ceux qui portent quelqu’un avec eux.