Est-ce une bonne idée d’offrir un livre de souvenirs à une personne en deuil ?
Oui. Un livre de souvenirs guidé est l’un des cadeaux les plus attentionnés que l’on puisse offrir à une personne en deuil : il lui laisse un espace privé, sans urgence, pour se souvenir de celle ou celui qu’elle a perdu, sans lui dicter ce qu’elle doit ressentir. L’essentiel est de le proposer comme une invitation, jamais comme une obligation.
Des fleurs se fanent en une semaine. Un plat cuisiné disparaît le soir même. Un livre de souvenirs, lui, reste — et la personne peut l’ouvrir à son propre rythme, dans quelques semaines, quelques mois ou plusieurs années. C’est justement cette permanence qui compte.
Pourquoi écrire aide-t-il autant après un décès ?
Le deuil est difficile à dire à voix haute, surtout dans les premiers temps. Sur le papier, les mots restent à celui ou celle qui les écrit, même quand on n’arrive pas encore à les prononcer. Un livre de souvenirs ne demande rien et laisse chacun se souvenir à son rythme.
Un journal de deuil guidé — avec des questions douces plutôt que des pages blanches — aide encore davantage. Une page blanche peut peser lourd quand on est épuisé par le chagrin. Les questions offrent un point de départ tout simple : une question à laquelle répondre, un souvenir à décrire, un petit espace à remplir.
Un livre de souvenirs, n’est-ce pas un cadeau trop intime ?
On pourrait le croire, mais c’est souvent l’inverse. Justement parce qu’il reste privé, ce carnet est l’un des cadeaux les moins intrusifs qui soient. Vous ne lui demandez pas de partager son chagrin — vous lui laissez des pages qui n’appartiennent qu’à elle. C’est pour cela qu’il convient aussi bien à la famille proche qu’à des amis ou des collègues que vous connaissez moins intimement.
La seule chose à éviter : un carnet qui dicte comment vivre son deuil. Un bon livre de souvenirs laisse de l’espace ; il n’impose pas le récit. Et personne n’est tenu d’y écrire : certains commencent la semaine même, d’autres le rangent pendant des mois. Les deux se valent.
Qu’écrire sur la carte qui l’accompagne ?
Faites court, et chaleureux. Quelques lignes qui n’exigent rien :
« Il n’y a ni bonne manière ni délai. Ces pages sont simplement là pour vos souvenirs de ___, à ouvrir quand vous en aurez envie. Je pense à vous. »
Évitez les tournures en « au moins » (« au moins elle a eu une longue vie ») et les échéances (« vous irez mieux bientôt »). Votre présence compte plus que des mots parfaits.
Des livres de souvenirs guidés, une édition par lien
Still With Me conçoit des livres de souvenirs guidés, avec une édition distincte pour chaque lien : le livre de souvenirs pour un être cher, et des éditions pour un père ou une mère, un conjoint ou une conjointe, un grand-parent, un frère ou une sœur, un ami ou une amie. Chacune propose 80 questions tout en douceur réparties en neuf chapitres, avec de l’espace ligné et silencieux pour garder vivants la voix d’une personne, ses habitudes et les petits détails qui méritent d’être conservés. Voir toutes les éditions par lien de parenté.
Quand un livre de souvenirs n’est pas le bon geste
Tout le monde n’écrit pas. Si vous savez que la personne n’a jamais tenu de carnet et n’en a pas envie, un livre n’est pas le bon geste. Une photo encadrée, une plante, ou simplement des visites régulières diront davantage. Vous pouvez aussi poser la question directement : « J’ai vu ceci et j’ai pensé à vous — dites-moi si cela vous parle. »
Après la mort d’un enfant
Après la mort d’un enfant, aucun colis n’aide. Ce qui aide, c’est quelqu’un qui reste : quelqu’un qui appelle, qui continue de dire le prénom, qui sera encore là dans six mois. Envoyez plutôt un message court, qui n’attend pas de réponse — puis renvoyez-en un le mois suivant. Et continuez à dire le prénom de l’enfant, même quand plus personne ne le dit.
Questions fréquentes
Quand offrir un livre de souvenirs : au moment des obsèques ou plus tard ? Les deux se conçoivent. Autour des obsèques, tout arrive en même temps ; quelques semaines plus tard, il y a souvent plus de calme pour le regarder. Dans le doute, choisissez le moment où vous serez encore là, vous aussi.
Un livre de souvenirs convient-il pour un collègue ou une simple connaissance ? Oui. Comme il reste privé, il convient aussi aux personnes que vous connaissez moins bien. Joignez-y un mot court et chaleureux, sans attendre de réponse.
Que puis-je ajouter à côté ? Un mot manuscrit et, si vous le souhaitez, un petit objet réconfortant. C’est le mot qui compte le plus : quelques lignes qui n’exigent rien.
Peut-on offrir un livre de souvenirs trop tôt ? Rarement, tant que vous le proposez sans l’imposer. Dites simplement qu’il peut rester fermé aussi longtemps qu’il le faudra : il n’y a alors rien à faire, rien à rattraper.